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Cette page a pour but de partager les questions qui ont été posées ainsi que leur réponses.

De ce fait, les interrogations de certains apporteront des réponses pour tous. 


Nombre de questions et date du dernier ajout de contenu : 5 questions au 2022-04


Tu as une question, un étudiant t'as interrogé sur un point à détailler ? Tu peux nous envoyer tes interrogations qui seront partagées ici avec tous !

1.  Question sur la vaccination anti tétanique :

QUESTION   Est-il vrai qu’il y a un nouveau standard pour les rappels de vaccin contre le tétanos ?

Suite à une étude publiée par l’INSPQ , il y a effectivement eu un changement au Québec ou une seule dose de rappel à 50A est maintenant suggérée parla santé publique . Il faut avoir reçu  toutes nos doses à l’enfance par contre pour que ça s’applique. 

Par contre  les recommandations canadiennes et le CDC américain , de même que dans plusieurs provinces recommandent encore des doses de rappel au 10A .  

Et là où ça se complique (et ça ne fait pas de sens) … c’est qu’ils maintiennent  les mêmes recommandations pour la gestion des plaies  

Sommaires des recommandations (vous pouvez les retrouver dans le manuel de vaccination.

Une plaie à risque d'infection par Clostridium tetani se définit ainsi : 

    - Plaie contaminée par de la poussière, de la salive humaine ou animale, des selles ou de la terre. 

    - Plaie pénétrante (due, par exemple, à une morsure ou à un clou rouillé). 

    - Plaie contenant des tissus dévitalisés, plaie nécrotique ou gangreneuse. 

    - Engelure, brûlure ou avulsion. 

Le nettoyage et le débridement de la plaie sont indispensables. 

Plaie mineure propre et âge < 4 ans 

    - Si < 3 doses, vacciner si la dernière dose remonte à 4 semaines et plus 

    - Si < 3 doses et <1 an, ne pas vacciner 

    - Si >= 3 doses et >1 an, vacciner si dernière dose >6 mois 

Plaie à risque et âge < 4ans 

   - Si < 3 doses  TIg ( immunoglobulines )  + vacciner si la dernière dose remonte à 4 semaines et plus  

   - Si immunodéprimé, donner vaccin + TIg peu importe statut vaccinal 

   - Si =2 doses et <1 an, ne pas vacciner 

   - Si =2 doses et >1an, TIg + vacciner si dernière dose >6 mois 

   - Si >= 3 doses, rien 

Plaie mineure propre et âge >=4 ans 

    - Si < 3 doses, vacciner si la dernière dose remonte à 4 semaines et plus ou à 6 mois et plus si 2 doses reçues après 4 ans 

    - Si >=3 doses et pas de dose reçue après 4 ans , vacciner si dernière dose reçue >1 an 

    - Si >=3 doses et au moins 1 dose reçue après 4 ans , vacciner si dernière dose reçue >10 ans 

Plaie à risque et âge >=4 ans 

    - Si < 3 doses, TIG+ vacciner si la dernière dose remonte à 4 semaines et plus ou à 6 mois et plus si 2 doses reçues après 4 ans 

    - Si >=3 doses et pas de dose reçue après 4 ans , vacciner si dernière dose reçue >1 an 

    - Si >=3 doses et au moins 1 dose reçue après 4 ans , vacciner si dernière dose reçue >10 ans 

    - Immunodéprimée : donner vaccin + TIg peu importe statut vaccinal 

 Bref, selon les recommandations, même chez une personne adéquatement vaccinée, si elle a une plaie à risque elle devrait recevoir une dose de rappel si cela fait plus de 10 ans depuis la dernière dose. C’est totalement illogique ... mais ce sont les recommandations ... 

Il faut comprendre qu’une fois la plaie contaminée, le vaccin de rappel donné n’est d’aucune utilité pour empêcher une infection au tétanos car il n’agit pas assez vite pour augmenter l’immunité. Même l’apport des immunoglobulines est controversé selon les données de l’OMS et de l’INESS mais ils changent la probabilité d’avoir une atteinte du SNC. 

2.  Question sur l'évaluation clinique selon les couleurs de peau :

QUESTION   Une étudiante veut savoir comment évaluer les symptômes pour les peaux des autres couleurs.  Elle dit que dans le manuel, on mentionne souvent la peau blanche, les lèves bleutées, etc.  Elle dit que la description pour les engelures est utile seulement pour les peaux blanches.  Elle me demande si on peut fournir des détails sur comment évaluer lorsque la victime à la peau noire ou autre (que blanc) ?  

Voici une bonne explication tirée d’un site Australien et quelques liens vers références supplémentaires   

Contexte 

L'évaluation de la peau à la recherche de signes et de symptômes cliniques est importante pour identifier les effets indésirables de la vaccination (EIAS). La plupart des directives d'évaluation dermatologique font généralement référence à la présentation des symptômes chez les patients à la peau claire. 

La peau est l'un des organes les plus complexes du corps humain. Elle se compose de trois couches, chacune d'entre elles jouant un rôle différent.  

La couleur de la peau d'une personne est influencée par la quantité de mélanine (pigment naturel) produite par les mélanocytes situés dans l'épiderme (couche externe de la peau). Les peaux plus foncées contiennent plus de mélanine que les peaux plus claires.  

La quantité de mélanine affecte l'apparence des IEA sur la peau d'un patient et, par conséquent, les IEA, tels que la pâleur, la cyanose, l'érythème et l'urticaire, peuvent apparaître différemment selon la couleur de la peau. Il peut donc être difficile pour les prestataires de services de vaccination d'identifier les symptômes des IEA en temps utile. 

Pâleur 

La pâleur désigne l'aspect pâle de la peau, du lit des ongles et des muqueuses. La pâleur n'est pas toujours un symptôme de maladie. 

La pâleur peut être difficile à détecter sur une peau foncée et peut se présenter sous forme de cendre ou de gris. Dans le cas d'une peau brune, la peau sera plus jaunâtre. Une autre méthode d'identification de la pâleur chez les peaux foncées peut consister à évaluer la surface plus pâle qui peut apparaître plus pâle. 

Après l'immunisation, on peut noter une pâleur dans des événements tels que la syncope vasovagale (évanouissement) et les épisodes hypotoniques hypo-réactifs (HHE). 

Cyanose 

La cyanose est un symptôme de diminution de l'oxygène dans le sang. Il existe deux types de cyanose : 

    - La cyanose périphérique, qui s'observe dans les extrémités, notamment les mains, le bout des doigts et les pieds. 

    - La cyanose centrale, qui est détectée dans les parties centrales du corps, notamment la tête, le torse et les muqueuses, et qui est souvent plus grave. 

Chez les personnes à la peau claire, la cyanose se présente sous la forme d'une teinte bleuâtre/pourpre. Chez les patients dont la peau est naturellement jaune, la cyanose peut prendre une apparence grisâtre-verdâtre. Chez les personnes à la peau plus foncée, la cyanose peut être plus difficile à évaluer et peut être observée sous forme de gris ou de blanc. 

Après l'immunisation, une cyanose peut survenir en cas d'HHE, d'apnée, d'épisode de rétention de la respiration ou de fièvre élevée. 

Érythème 

L'érythème décrit un aspect rouge de la peau causé par la dilatation des vaisseaux sanguins superficiels et l'augmentation du flux sanguin. Il survient souvent en cas de traumatisme cutané, d'inflammation, d'infection ou d'éruption. 

L'érythème est clairement visible sur les peaux claires. Il peut apparaître rouge ou provoquer une décoloration violacée sur certaines peaux plus foncées, mais il est difficile à voir sur une peau très foncée. L'évaluation du site ou de la zone affectée à la recherche d'autres signes tels que la chaleur, le gonflement ou l'induration peut faciliter l'évaluation clinique et le diagnostic de l'érythème. 

Après l'immunisation, l'érythème peut être généralisé ou localisé au site d'injection. 

Urticaire 

L'urticaire se produit lorsque les mastocytes présents dans la peau libèrent de l'histamine qui irrite les terminaisons nerveuses et provoque la dilatation des vaisseaux sanguins locaux et l'écoulement de liquide. Elle peut apparaître n'importe où sur le corps et être de nature passagère. La cause est souvent inconnue, mais elles peuvent être associées à des infections ou à une allergie. 

Sur une peau claire, l'urticaire se présente sous la forme de zébrures rouges en relief qui démangent. Elles ont souvent un centre blanc ou une papule qui ressemble à une piqûre de moustique et sont entourées d'un anneau érythémateux. Sur les peaux plus foncées, l'urticaire se présente sous la forme de bosses, mais les changements de couleur de la peau ne sont pas toujours aussi évidents. 

Après une vaccination, l'urticaire peut se manifester n'importe où sur le corps et peut survenir dans le cadre d'une réaction allergique. 

Ressources 

Images 

    - Instagram : La peau brune compte 

    - Peau noire et peau brune : Attention à l'écart 

Autres ressources 

    - DermNetNZ : Dermatologie ethnique 

    - Société australasienne d'immunologie clinique et d'allergie : Urticaire

    - Ortonne, J. Couleur normale et anormale de la peau, Annales de Dermatologie et de Venereologie Décembre 2021 (139):S125-S129

    - Sommers, M. Color Awareness : Un must pour l'évaluation des patients, American Nurse, janvier 2011

    - Le Dermatologue : Identifier un érythème sur une peau de couleur 

Auteurs : Georgina Lewis (Clinical Manager SAEFVIC, Murdoch Children's Research Institute), Mel Addison (SAEFVIC Research Nurse, Murdoch Children's Research Institute), Francesca Machingaifa (SAEFVIC Research Nurse, Murdoch Children's Research Institute) et Rachael McGuire (SAEFVIC Research Nurse, Murdoch Children's Research Institute)  Date : Septembre 2020 

3.  Question sur le seuil critique d'hypoxie :

QUESTION   On dit qu'en bas de 90% = hypoxie, mais c'est quoi le seuil (%) critique ? 

En fait la réponse dépend de l’altitude ou tu te trouves (et du pH du patient mais cette composante est un peu complexe et moins nécessaire pour la compréhension)  

Si tu regardes bien la courbe de dissociation de l’hémoglobine/oxygène ci bas, tu constates qu’elle est en plateau jusqu’au seuil de 90 % de saturation et qu’ensuite la courbe descend très rapidement. C’est pourquoi on essaie de toujours maintenir la saturation à ce niveau car si on n’y arrive pas, elle peut baisser à un niveau critique très rapidement ensuite. Ce n’est pas rare de voir un patient passer de 80 à 40 de saturation rapidement quand les choses vont mal ou qu’il est mal oxygéné.  


Les seuils de saturation vont varier en fonction de l’oxygène car à haute altitude la saturation de base est plus basse. Le seuil est donc à un niveau de saturation moindre mais la courbe demeure la même.  

4.  Question sur le contrôle hospitalier du saignement après la pose d'un garrot :

QUESTION   En parlant de garrot, on m’a demandé ce qu'ils font rendu à l'hôpital pour arrêter le saignement majeur ? 

Tout dépend de l’origine du saignement et de la durée de mise en place du garrot, de même que de la condition du patient (Présence d’un État de choc hypovolémique ou non)  :

    - Si le garrot est en place depuis plus de 6-12 H , la solution sera probablement chirurgicale d’emblée pour aller amputer la partie dévitalisée et réparer les vaisseaux sanguins.  

    - Si pas d’amputation d’emblée, ils vont essayer de convertir le garrot vers une autre solution et adapter la solution selon le cas.  

              - Selon la région atteinte et le vaisseaux en cause, plusieurs approches sont possibles mais en général il y aura un geste chirurgical (soit mineur ou soit majeur) pour                 aller colmater la fuite et/ou réparer le vaisseaux atteint selon le cas.  

    - Pour le patient en choc, on va traiter le choc en premier (donner des transfusions, stabiliser l’état et ensuite tente de contrôler le saignement en salle d’opération.    

5.  Question sur la quasi noyade :

QUESTION   Qu’est-ce qui arrive à l’eau qui est accumulée dans les poumons d’une victime de quasi-noyade ?

En général, l’eau qui n’est pas expulsée mécaniquement lors de la réanimation ou après effort de toux sera réabsorbée.  

En fonction du volume d’eau et de s’il s’agit d’eau salée ou douce le mécanisme de lésion sera différent mais en général l’eau aspirée sera absorbée au niveau des capillaires entourant les alvéoles et redistribué dans la circulation, ceci entraîne un collapsus alvéolaire et provoque une réaction inflammatoire qui pourra causer :  

    - L’œdème pulmonaire (EP),  

    - Une baisse du transfert d’oxygène dans le sang de même que  

    - Des débalancements au niveau des électrolytes en fonction du niveau de salinité de l’eau.  

Dans la plupart des cas moins sévères réanimés, les signes et symptômes de l'EP apparaitront dans deux à trois heures suivant la quasi-noyade. Il faut donc surveiller les victimes au minimum pendant 4 à 6 heures après l’évènement.  

L'écoute à l'aide d'un stéthoscope - et parfois avec une oreille sur la poitrine nue du patient – révèlera alors des râles ou des bruits crépitants (velcro like) qui indiquent que du liquide s'accumule dans les poumons du patient.  

Une autre complication tardive à suspecter (les jours suivants) est une pneumonie selon le niveau de contamination bactérienne de l’eau.  

Eau douce : Comme l’eau douce est hypotonique ( Faible concentration en sodium) , Elle sera absorbée plus rapidement et contribuera a un effet de dilution du plasma et du surfactant, affectant la mécanique pulmonaire (diminue la compliance) et peut engendrer une lésion pulmonaire menant à un poumon de choc.  

Eau salée : comme elle est hypertonique ( concentration élevée en sodium ) , elle engendre une plus grande accumulation d’eau dans les poumons car le corps essaie de rééquilibrer le niveau de sodium. Cette quantité importante de fluide diminue le volume plasmatique efficace et peut causer un état de choc hypovolémique.